Pour une fois, le Grand Palais dévoile sa splendide verrière afin d’accueillir le cosmos quantique de Laure Prouvost, artiste fascinée autant par le monde subatomique que par l’espace infini de l’Univers. Bien qu’inspirée de concepts savants, notamment l’ordinateur quantique, l’exposition, qui a lieu du 19 juin au 26 juillet, n’a rien d’une froide abstraction. Frissons d’étoiles ? Oh oui !

D’emblée, nous plongeons dans un tunnel tout noir où l’obscurité prolongée frôle l’angoisse. Quel choc alors à la sortie de cet éprouvant couloir de peur et de mort sur l’éblouissante lumière qui noie la monumentale salle circulaire ! Ce n’est ni un chapiteau de cirque, ni une arène de foire foraine, mais un monde interstellaire rêvé, incarné. Une sonorité étrange nous émerveille (chants, échos, chuchotements) et parfois nous effraie (craquements, détonations subites), dans ce lieu à la beauté hallucinogène. Car il n’y a pas de mesure pour solliciter les sens quant à l’art ! Déjà ébranlés par la canicule écrasante, nous trouverons ici l’apaisement sous la voûte d’une yourte obscure. Étendus au sol, nous contemplerons des images oniriques qui évoquent un ciel nocturne, des voies lactées, des bribes de nature… Bribes, déchets, souvenirs lointains, partout des constructions éparpillées étonnantes comme cette fontaine ressemblant à une sculpture cinétique de Tinguely. Un voile blanc énorme se meut à l’instar d’ailes. Pieuvre ou filaments stellaires ? Inutile peut-être de fixer une identité à ce météorite jamais vu, ni corps céleste ni machine. On peut gravir l’escalier et, depuis la haute galerie, observer encore cet univers abstrait, tout en méditant sur des paroles poétiques de l’artiste, « Cantique de quantique » ou « Quantum song ». Réconfortés ainsi, nous verrons autrement notre routine quotidienne, comme élargie par un rêve audacieux, cosmique…
Article rédigé par Maja Brick
Pour plus d’informations : https://www.grandpalais.fr/fr/programme/laure-prouvost-nous-frissons-detoiles