Alain Cornu, photographe des bouquinistes : « Je suis nostalgique du présent »

« Paris est la seule ville du monde où coule un fleuve encadré par deux rangées de livres ». Cette citation de Blaise Cendrars a beau sembler éculée, elle n’en témoigne pas moins de la fascination qu’exercent toujours les bouquinistes. Apparus au XVIe siècle, conquérant progressivement les abords Pont-Neuf, se distinguant durant la Fronde puis lors de la Révolution française, ils sont aujourd’hui 226 disséminés sur 12 quais, accolés à cinq arrondissements. Leurs 950 boîtes renferment plus de 300 000 ouvrages près desquels, depuis bientôt 475 ans, glissent tous les courants et tous les esprits. Blaise Cendrars donc, mais aussi Anatole France, Jules Claretie, Charles Nodier, Walter Benjamin, Apollinaire, Flaubert, Vigny, Valéry, Huysmans… Si d’innombrables textes ont salué les bouquinistes, très peu d’images, curieusement, leur ont rendu hommage. De 2021 à 2025, Alain Cornu s’est décidé à longer les 3,4 kilomètres de parapet sur lesquels ils se sont accrochés afin d’en tirer une série de portraits. Le photographe a ainsi réalisé 171 clichés, instantanés de vies singulières dédiées, parmi les antiques reliures recouvertes de cristal et les estampes suspendues comme du linge, à un art singulier de la transmission. De cette formidable galerie, Alain Cornu a tiré un livre superbe et édifiant qui, peut-être – parions sur l’ironie de l’histoire – finira un jour chez les bouquinistes. Flânant dans Paris depuis les quais garnis d’estallans séculaires, on ne manque jamais de lever les yeux vers les ateliers d’artistes qui parsèment les toits de zinc. Un vague sourire aux lèvres, on songe aux rares spécimens qui subsistent encore, ceux de Suzanne Valadon et de Maurice Utrillo, d’Eugène Delacroix, de Jean-Jacques Henner, de Gustave Moreau… À quoi bon la nostalgie ? Alain Cornu nous prouve que certains artistes perpétuent cette tradition. Et pour évoquer son travail consacré aux bouquinistes, il nous reçoit dans son vaste studio dont les verrières, blanchies de cet éternel automne dont l’écho du Père Lachaise et l’ombre de la Commune ont le secret, s’accrochent aux pentes de Belleville.

Bouquinistes de Alain Cornu - Decitre

À Rebours : Comment vous est venue l’idée de tirer le portrait des bouquinistes ? Était-ce un projet que vous mûrissiez depuis longtemps ?

Autoportrait – Quai des Grands-Augustins, 16 janvier 2025

Alain Cornu : Il s’agit en effet d’une réflexion au long cours. Depuis des années et des années, comme bon nombre de Parisiens, j’avais pris l’habitude de passer devant les bouquinistes. Ceux-ci m’intimidaient et je n’osais pas les déranger. J’étais pourtant très intrigué. Les bouquinistes possèdent un univers bien à eux qui, comme tout univers, nécessite une clef pour être ouvert. Mon sésame à moi, ce fut Jérôme Gallais, président de l’Association culturelle des bouquinistes de Paris et bouquiniste lui-même. J’ai eu le déclic un jour où je lui achetai un livre – il me semble qu’il s’agissait d’un volume des éditions Arthaud, de cette superbe collection que j’apprécie énormément, composée de grands formats, tous garnis de superbes héliogravures comme on n’en fait plus ; peut-être Cimes et Merveilles de Samivel… Mais peu importe car, très vite, au fil de notre discussion, nous avons évoqué la possibilité d’une série photographique dédiée aux bouquinistes. Sur ces entrefaites, la crise sanitaire est arrivée, renforçant mon envie de mettre en lumière le métier du livre. Le livre était soudainement devenu un bien essentiel, aussi bien dans l’idée que dans les faits. Nombre de gens redécouvraient son pouvoir. Qu’il s’agisse de littérature, de photographie, d’histoire… Que sais-je ? – les livres permettaient aux confinés de s’évader lors de longs mois où la pandémie de Covid-19 les contraignait à rester à demeure. À ce moment-là, j’ai rappelé Jérôme. Il était à Venise et, contre toute attente, se souvenait très bien de moi. Il m’a tout de suite demandé : « Bon, alors, quand est-ce qu’on fait cette série ? » Le projet était lancé.

Votre objectif était-il de prendre la défense d’une corporation menacée par la mairie de Paris à l’approche de Jeux Olympiques ?

Absolument pas. Je suis uniquement photographe. Je ne veux pas faire davantage que de la photographie. Un photographe se doit de capturer la mémoire des choses et je dirais, qu’à ma façon, j’essaie de faire ma part de ce travail de mémoire. Je m’en acquitte en partie en studio – grâce au portrait et à la nature morte, en partie en extérieur – grâce au paysage. En tous les cas, pour ce qui est de Paris, je travaille toujours dans l’idée de rendre un instantané de la ville et de sa culture. Il se trouve que la série, commencée par hasard quelques mois avant les J.O., a pris un écho particulier à la suite de la décision de la mairie de Paris d’arracher les bouquinistes aux quais de Seine. Il s’agissait pourtant d’une pure coïncidence. Je suis un passionné d’histoire, et de l’histoire de Paris en particulier ; c’était de cela, et uniquement de cela, dont je voulais parler.

Les cinq chapitres par lesquels débute votre ouvrage retracent l’histoire des bouquinistes. Pourquoi une telle introduction ?

Marc – Quai de la Tournelle, 13 février 2022

Avec ce livre, je désirais effectuer un travail documentaire. Je voulais donc un socle sérieux ; un socle historique, capable de valoriser la corporation des bouquinistes à travers son histoire. C’est la raison pour laquelle j’ai fait appel à Angélique Jolivet, une brillante étudiante rencontrée fin 2023. Poursuivant alors un Master 2 d’histoire à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), Angélique travaillait à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Après un an de recherches, elle a su écrire ce texte plein d’érudition, savamment structuré, qui revient sur le demi-millénaire d’histoire des bouquinistes, de leur naissance au XVIe siècle à leur essor fin XIXe, en passant par leur rôle non négligeable durant la Fronde ou la Révolution. Il faut savoir que certains livres à propos des bouquinistes colportent quelques légendes. Publier le mien était donc l’occasion de remettre l’église au milieu du village, si je puis dire.

En 2016, vous aviez déjà réalisé un livre consacré à la capitale. Intitulé Sur Paris, il retraçait votre itinéraire nocturne sur les toits de la ville. Vos deux projets répondent donc à un certain amour de Paris. Votre but est-il de capturer la poésie d’une ville millénaire ? 

Qu’est-ce que la poésie ? Honnêtement, je l’ignore. Peut-être une certaine manière de voir plus loin que la matérialité qui nous entoure, faire le pas de côté permettant de voir différemment notre quotidien… Comment regarder, selon un angle neuf, l’arrêt de bus devant lequel on passe tous les jours ? Voilà ce qu’on pourrait appeler, à défaut d’autre terme, la « mission » d’un photographe. La poésie, c’est sans doute ça : se réapproprier le réel. Et puis le territoire, aussi ! De nombreux photographes américains le font. Je pense à Joel Meyerowitz, à Ansel Adams ou même à Willian Egglestone. En France, le territoire est un concept auquel on s’intéresse beaucoup moins, et j’estime que c’est dommage. Pour ma part, je trouve que le territoire est un sujet passionnant et inépuisable. Voilà pourquoi je photographie rarement à l’étranger. Je me sens beaucoup plus concerné et légitime quand j’explore mon quotidien. Si mes clichés, ensuite, recèlent une part de poésie, c’est peut-être parce que j’aime qu’on se raconte une histoire au moment de les contempler.

Vos photographies ont été sélectionnées pour figurer dans les collections de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris et de la Bibliothèque nationale de France. Peut-on dire que vous nourrissez une approche documentaire, à l’instar d’Eugène Atget, par exemple ?

Atget, c’est la référence ultime. C’est quelqu’un qui documente son époque d’une manière exhaustive et quasi maniaque. Il photographie la ville de Paris dans absolument tous ses aspects, des ramures d’arbres aux poignées de portes. Au total, cela doit représenter quelque chose comme des dizaines de milliers d’images. C’est fou ! Il ne faut pas oublier que Eugène Atget travaillait pour les décorateurs, pour les peintres… En vérité, il réalisait ses photographies comme des supports de travail pour des autres, ce qui explique que ses vues ressemblent fortement à des décors. Atget se déclarait volontiers nostalgique du « Paris d’avant ». Pour lui, il s’agissait d’un Paris pré-haussmannien, un Paris encore marqué par l’ère médiévale. Il faudrait vérifier mais, à ma connaissance, Atget n’a pas produit une seule image de la tour Eiffel, qui était pourtant le symbole absolu et incontournable de la modernité ! J’espère que mon travail ne porte pas ce côté nostalgique car je ne le suis pas. Du moins, j’espère ne pas l’être de trop. Si l’on y réfléchit bien, photographier, c’est toujours capturer ce qui a déjà disparu. Tout, absolument tout, finira par porter l’empreinte de la nostalgie, alors à quoi bon être nostalgique « en avance » ? Préparant ma série sur les bouquinistes, on m’a conseillé de travailler en noir et blanc. J’ai refusé. Je ne veux pas de pittoresque, ni de fausse patine, à l’image de ceux qui – je ne critique pas, c’est leur choix – cèdent à la mode du retour au daguerréotype. D’une certaine manière, on peut dire que je suis nostalgique du présent. Voilà pourquoi je ne m’attarde pas uniquement sur le Paris intra-muros, pourquoi je sillonne également les extérieurs, les boulevards des maréchaux… Pour autant, je sais qu’il est illusoire de vouloir échapper à la nostalgie. Nous tous, autant que nous sommes, essayons en permanence d’arrêter le temps. Nous tous sommes plus ou moins nostalgiques d’un âge d’or. Pour moi, ce ne serait pas le Paris pré-haussmannien, comme Atget, mais plutôt le Paris de l’Exposition universelle de 1900. Je crois que la ville a atteint là un pic de beauté indépassable. En tous les cas, ce qui est fascinant, c’est de se dire qu’à son époque, Eugène Atget n’était qu’un détail de la ville. Alors certes, il a été connu par la suite grâce aux surréalistes et à Berenice Abbott… Mais lorsqu’il photographie Paris, c’est un inconnu. Or, à présent, son travail est tout ce qui subsiste de ce temps-là… Quel paradoxe abyssal !

Hélène – Quai de l’Hôtel de Ville, 14 mai 2022

Quelle a été votre méthode pour la réalisation de cette galerie de 171 portraits ? 

Cette série est la conclusion d’une flânerie, comme on le fait souvent avant d’acheter un livre chez les bouquinistes – je trouvais cette démarche cohérente. Chacune de mes photographies comporte un facteur hasard, car je me rendais sur les quais sans rendez-vous, sans savoir qui et quoi j’allais y trouver. Ce que je savais, en revanche, c’est que j’allais travailler en numérique. Comme je l’ai dit, je ne suis pas un nostalgique, même pas de la méthode argentique. Selon le sujet, je travaille avec l’une ou l’autre technique et, dans le cas présent, le numérique s’avérait, selon moi, un outil efficace grâce pour obtenir les meilleurs résultats possibles. Et le résultat importe plus que tout quand on photographie des gens. Faire du portrait, c’est prendre la responsabilité d’être honnête, de rester fidèle à la personne qui nous confie son image. Je restais environ une demi-heure avec chaque bouquiniste, le temps d’un apprivoisement mutuel. Le bouquiniste entrait dans mon univers, j’entrais dans le sien. J’en tirais une vingtaine de poses maximum. Certes, c’était à moi de donner le « la » sur la lumière, le cadrage, etc., mais les photographies résultent avant tout d’une rencontre. Le portrait est une aventure à part entière, une danse qui se fait à deux, au rythme d’une musique indéfinissable. Quand j’ai commencé à photographier les bouquinistes, je ne pensais pas atteindre ce nombre-là. Tout d’abord parce que je suis un grand timide ; un timide qui se soigne, certes, mais pour qui aller vers les gens n’est pas facile. Ensuite, certains bouquinistes ont refusé de poser, ce qui aisément compréhensible. On les juge souvent comme des curiosités et, plus de fois qu’on ne le croit, ils subissent quelques regards condescendants. De plus, ils sont sans cesse pris en photo, la plupart du temps à leur insu. Ce n’est pas là seulement le fait de touristes, car il arrive aux bouquinistes de se retrouver sans permission à la une de grands journaux. Il est donc normal qu’ils éprouvent une appréhension lorsqu’un photographe se présente à eux.

En extérieur, vous avez l’habitude de travailler sur le paysage, d’explorer la France à travers ses forêts, ses zones rurales, son patrimoine préhistorique et son littoral. Les bouquinistes de Paris feraient-ils partie du paysage ? Le portrait, à leur contact, se ferait-il paysage ?

Je dirais qu’il faut prendre les paysages comme des humains et les humains comme des paysages. Le portrait est un exercice fascinant, où tout est toujours remis en question. Comme j’aime à le dire : on n’a jamais fini d’apprendre la lumière qui tombe sur un visage. Il faut réussir à figer une personne afin de la résumer dans tous ses aspects, le but étant de produire une icône d’elle-même. Pour ce faire, l’arrière-plan, paysage en lui-même, s’avère essentiel jusque dans les nuages et le végétal. Dès le début de la série, l’enjeu consistait à décliner les poses sans devenir ennuyeux. La pire des choses, c’est d’être ennuyeux ! Aussi ai-je dû composer avec les angles pour qu’on ne se lasse pas du paysage parisien. Cela s’est révélé une vraie gageure car nous étions après l’incendie de Notre-Dame et les travaux autour de la cathédrale étaient omniprésents. Quand on se déplace pour capturer un portrait, il est difficile de se retrouver avec des cabanes de chantier et des grues en arrière-plan. Cependant, j’ai fait en sorte de ne pas mentir et d’intégrer ces contraintes dans ma composition. C’était l’occasion d’un dialogue entre les âges. L’une de mes photographies fait d’ailleurs cohabiter deux époques avec, d’un côté, le portail du Jugement dernier, construit entre 1210 et 1240 et, de l’autre, les grues immenses dressées au XXIe siècle. Quoiqu’il en soit, mon fil rouge demeurait les livres. Il était essentiel pour moi qu’on distingue au moins un volume dans l’image. Seuls un ou deux clichés ne comportent pas de papier, et ce ne sont pas des images de bouquinistes ; il s’agit de portraits de biffins, ces anciens chiffonniers de Paris, pourvoyeurs en livres.

Au milieu de cette impressionnante galerie, certains clichés sont assortis de portraits écrits. Craigniez-vous que la photographie ne se suffise pas ? 

Serge – Quai de la Tournelle, 2 août 2022

J’espère que les portraits que je fais se suffisent à eux-mêmes ! Cependant, une fois la série photographique achevée, en élaborant le chemin de fer du livre, j’avais la sensation qu’il manquait quelque chose. Je craignais que l’ouvrage, en l’état, ne fasse trop « catalogue ». Dans ma volonté de créer un livre documentaire, de produire un reflet de l’époque, capable de retranscrire fidèlement ce qu’était d’être bouquiniste en 2025, il me fallait à tout prix éviter cet écueil. De plus, comme je l’ai dit plus haut, pratiquer l’art du portrait exige une honnêteté vis-à-vis du sujet. Chacun de ces bouquinistes avait des choses à raconter, ainsi Pascal qui affirmait : « Jusqu’aux J.O., j’ai cru qu’on était des clochards de première classe. » Ces « portraits écrits » – votre expression est très juste – permettent d’aborder différents versants du métier. Il y a des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, originaires de Montreuil ou du Venezuela. J’ai donc rappelé Jérôme Callais afin de lui proposer les vingt-deux entretiens qui jalonnent le livre et complètent à présent les photographies.

Si votre série photographique est le résultat de rencontres multiples, l’ouvrage que vous en avez tiré, Bouquinistes – En Seine à Paris, est l’achèvement d’un travail individuel. Conçu et édité par vos soins, réalisé grâce à un financement participatif, préfacé par Jean Tulard et Jérôme Callais, il comporte 204 photographies réparties sur 256 pages. Est-ce le prix à payer pour l’indépendance ?

Je crois qu’avec ce livre, j’ai donné tout ce que je pouvais donner. J’ai réellement eu l’impression d’accoucher d’un môme [rires] ! J’ai tout fait de A à Z, m’entourant malgré tout d’une équipe réduite de quatre personnes dont Angélique et son précieux travail d’historienne. Je crois qu’il faut être assez sage pour connaître ses limites et savoir déléguer. J’ai donc pu achever ce livre grâce à des relecteurs, des correcteurs… et surtout grâce à un graphiste à qui je dois d’astucieuses trouvailles. Le résultat se devait d’être élégant ; or, en graphisme, on est toujours sur le fil et le moindre élément, utilisé à mauvais escient, peut conférer à l’ensemble une tonalité inadéquate. Et bien sûr, pour un livre traitant de Paris, je ne pouvais que faire appel à des partenaires tout proches dont l’imprimeur, élément majeur du projet. On imagine mal quel bonheur c’est de pouvoir travailler localement, d’avoir la chance de se rendre à pied aux réunions…

Florence – Quai de Gesvres, 8 février 2022

Après avoir fréquenté les bouquinistes pendant des années, comment voyez-vous l’avenir de ces « passeurs de cultures », comme vous dites ?

Sans lire dans les boules de cristal, je peux affirmer que, pour les bouquinistes, rien n’a jamais été facile. Comme le dit Angélique Jolivet dans l’introduction du livre, « les bouquinistes ont connu beaucoup d’opposition tout au long de leur histoire ». C’est une corporation qui s’est bâtie envers et contre tout. Depuis le début, ils dérangent tout le monde, se font foutre dehors par les libraires… Et pourtant, presque 500 ans plus tard, ils sont toujours là, chacun issu d’un parcours différent. Il y a Michel, par exemple, qui tient sa cabane par pure passion et qui se définit lui-même comme un « drogué du livre ». Dans cet univers où la moyenne d’âge est relativement élevée, environ 60 ans, je vois des jeunes qui arrivent. Je songe à ces deux trentenaires ou à cette autre femme qui profite de son étal pour vendre également ses dessins. Quels que soient leurs profils, tous poursuivent une tradition magnifique et, à leur manière, redéfinissent le métier de bouquiniste. Imaginez : des boutiques dénuées de porte, sans aucun seuil à franchir, au contact direct des passants… C’est la culture à la portée de tous ! Je songe également à Josie, laquelle édite ses propres poésies ; elle exerce une sorte de militantisme poétique et s’adonne à des maraudes où, en plus de donner à manger à ceux qui en ont besoin, leur offre une page de poésie. Cela semble bête à dire comme ça, mais la poésie est ce dont on a le plus besoin aujourd’hui. Plus le monde devient dur, plus la poésie s’affirme comme une arme pour enrichir l’existence. Et pour dépasser, enfin, cette pauvre matérialité de la vie.

Entretien mené par Guilhem Barbet

Auteur/autrice